Shibam, le Manhattan du désert au Yémen

L’ancienne ville de Shibam et son mur d’enceinte possède des gratte-ciels en brique de terre

La ville de Shibam, située dans la région centre-ouest du gouvernorat de l’Hadramaout, dans le désert de Ramlat al-Sab`atayn, est surtout connue pour ses immenses gratte-ciels de banco (terre crue ou adobe). Cette petite ville de 7000 habitants compte environ 500 maisons mesurant entre 5 et 11 étages et atteignant plus de 30 mètres de haut, toutes construites entièrement en briques de boue. La skyline bizarre que les grands immeubles confèrent à la ville de Shibam lui a valu le surnom de « Manhattan du désert » ou la « Chicago du désert ».


Shibam est souvent appelée « la plus ancienne cité gratte-ciel du monde » et c’est l’un des meilleurs et l’un des plus anciens exemples de l’urbanisme basé sur le principe de la construction verticale. Son plan est de forme trapézoïdale, presque rectangulaire, et il est entouré d’un mur d’enceinte en terre dans lequel un bloc de logements, également construits avec de la terre, ont été disposés sur une grille orthogonale. Shibam a été fondée au 3ème siècle après JC, mais la plupart des maisons que vous voyez ici ne datent que du 16ème siècle, bâties suite à une inondation dévastatrice dont Shibam a été la victime en 1532-1533. Cependant, quelques vieilles maisons et grands bâtiments demeurent encore depuis les premiers siècles de l’Islam, comme la Mosquée du Vendredi, construite en 904, et le château, construit en 1220.

En général, les étages inférieurs sans fenêtres sont utilisés pour le stockage des céréales, les pièces à usage domestique juste au-dessus, et les chambres et lieu de rassemblement pour la famille et les loisirs encore au-dessus. La salle principale au deuxième étage est utilisée par les hommes pour faire des rencontres et socialiser. On y trouve souvent des murs merveilleusement sculptés et les poutres soutenant le plafond joliment décorées, tandis que les pièces des femmes se trouvent plus généralement au troisième ou au quatrième étage. Les chambres plus élevées servent à la vie commune de toute la famille, et sur ​​les niveaux supérieurs, il y a souvent des ponts et des portes qui relient les maisons entre elles. Il s’agit là d’une fonction défensive, mais aussi pratique, en particulier pour les personnes âgées qui éprouvent des difficultés à monter et descendre les escaliers interminables.


Les maisons ont dû être reconstruites au cours des siècles. La pluie et l’érosion ont été des menaces constantes pour les bâtiments de Shibam. Pour protéger leurs maisons, les habitants doivent enduire une épaisse couche sur les façades et les toitures avec du mastic ou autre produit étanche, et s’assurer qu’elles sont maintenues et régulièrement rénovées. Ceux qui peuvent se le permettre badigeonnent de chaux leurs maisons pour les protéger contre les termites.


Shibam a été ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982.

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